jeudi, mai 05, 2005

Quand il est l'heure de partir.

Le réveil sonne les 8 heures. Je dois me lever.

Voilà 20 ans que je vis les mêmes choses, voilà 20 ans que je regarde les mêmes meubles, cadres, broderies, tissus, taches de vin sur le fauteuil. Il y a 20 ans, je me payais cet appartement. Il y a 20 ans que je l'habite.

Il y a 20 ans je disais être fier. Fier de tout, fier de moi, fier que ma vie prenne, enfin, cette stabilité que l'on attend depuis si longtemps ; une femme qui vous aime, des enfants qui courent autours de vous le soir en rentrant du travail. Un baisé, un repas, un verre de vin, et une pose pour prendre le temps d'apprécier un rare moment de calme et de tendresse avec sa femme, quand la cavalerie est enfin couchée.

Oui, il y a 20 ans je disais être fier.

Je regarde aujourd'hui dans ma propre personne et me rends compte de la vitesse à laquelle le temps m'a, tout à la fois, complètement changé mais aussi laissé une vie des plus normale. Je marche en rentrant, je marche en sortant, je regarde passer les gens, allongé, sur mon matelas rembourré, je rêvasse, et mon réveil retenti encore une dernière fois avant que je ne projette au sol dans un sons qui sera atténué par cette moquette qui tient le coup depuis 20 ans.

Debout. Enfin.

Pourquoi faut-il que le matin soit aussi difficile...

Mais fier de quoi, regardez moi, je suis las. Debout face à mon miroir je regarde les lignes du temps qui se sont gravées sur mon visage, je regarde mes mains usées au travail, je regarde mon corps qui boudine, je regarde mes cheveux qui commencent à avoir marre de mon crâne et qui préfèrent s'en aller sous chaque douche. Je me regarde moi, qui, nu devant cet infâme commode achetée 20 ans auparavant, me lamente des ravages du temps.

Pourquoi faut-il que le l'homme soit si fragile...

Elle, est derrière moi, dort encore, non, je ne l'ai pas réveillé.
Elle, est si belle, si fragile.
Elle, n'a pas changée.
Elle, depuis les années que je la connais, a toujours su illuminer mes journée.
Elle, m'a rendu fier.
Elle, m'a donné son coeur, je lui ai donné le miens.
Elle, me tient en vie.

Elle, m'a dit, je t'aime.

Non je ne suis pas fier de ce que je suis devenu: laid, hideux, la crise de la quarantaine ne m'améliore pas, une adolescence sans la jeunesse. Mais si il y avait bien quelque chose à quoi je suis, oh que oui, du plus fier, quelque chose à quoi je n'ai jamais rien compris, quelque chose qui n'a jamais dû être inscris dans quelque livre que ce soit, c'est elle dans ma vie, ce sont ces enfants que l'on a eut.

J'ai toujours voulu garder auprès de moi, ce trésor qui m'a donné mon premier baisé, et ces enfants qui m'apportent une nouvelle vitalité.

Quand il est l'heure de partir et qu'il faut continuer à vivre ces journées, je la regarde et me dis qu'il y a 20 ans, j'avais finalement, une belle raison de m'être marié.

Je suis content de ne vivre que pour ma famille.

Oui, Vous, Je vous aime et je suis fier de nous.

1 Comments:

Anonymous Doryphore said...

elle a de la chance ta femme :jap:

24 mai 2005 22:15  

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