samedi, octobre 29, 2005

L'homme de nos jours.

L'horizon nous avertit d'un long voyage, celui d'une vie qui ne se terminera pas, dans la perspective où l'horizon ne se rapproche jamais de vous.

J'ai décidé de partir pour parcourir le monde afin de m'y retrouver. Nous sommes le 4 septembre 1989, et je vous raconte mon histoire, celle d'un paysage qui s'étend autour de moi, d'un sentiment qui s'y colle comme l'âme s'attache au corps.

Pour écrire cette histoire, je n'ai quitté personne, car je n'avais personne à quitter. Je me suis levé et je suis parti. J'ai roulé dans un pays qui ne m'appartient pas, dans un paysage où le soleil vous brûle de sa chaleur. Un désert de pierre, un désert de sable.

Il y a à trouver ici plus que l'on ne pourrait trouver là-bas, dans les grandes villes qui règnent sombrement dans l'esprit permanant des "hommes de nos jours". Il y a ici tout ce que l'imaginaire a mis de coté afin de permettre à l'esprit d'avoir une batterie de recharge en cas de coup dur. L'homme insiste et signe pour continuer à vivre dans la déprime et rare sont les moments où il peut se vanter d'aller vraiment bien. Car l'homme trouve sa normalité dans la le fait de se sentir vraiment intérieur à ce qui l'entoure. Pourquoi s'étonne t-on parfois de se sentir bien ? Parce que sans forcement en être conscient, l'homme peut réussir à s'évader de l'oppressente réalité.

Je me sens bien, demandez vous pourquoi quand cela vous arrive, cherchez en vous même la réponse et vous verrez bien que c'est parce que vous ne vous vous sentez plus vraiment intégré au monde qui vous entour. Vous vous sentez léger et libre, plus de barrière. C'est parce que l'homme a besoin de se sentir libre pour aller bien que les fantasmes comme pouvoir voler, pouvoir quitter son corps pour traverser les murs, pouvoir parcourir le monde sans frontière... sont tellement présent en nous tous. Mais tout cela trouve sa finalité dans l'évocation du voyage.

Je me retrouve à voyager, à fuir la triste réalité de la vie, les blessures infligées au corps par le présent. Je me suis réfugié pour cela, dans les rêves de la réalité que je me suis formé, afin de pouvoir y trouver le sentiment de paisibilité que je recherche tant. Il est utile de fuir, pour pouvoir se sentir bien, car il y a une sorte d'habitude du corps qui est incompatible au bien être de l'esprit dans le moment présent. Il faut avancer, ne pas rester, bouger pour se trouver. Où sommes nous ? Je cherche ma stabilité dans le mouvement, pourrais je un jour vraiment trouver ce que je cherche ? Il y a autours de moi, je le sais, une réponse à mes questions. Je crois d'ailleurs, que dans ce que je vois, nous pouvons y trouver un semblant de réponse à ce que nous cherchons tous au fond, la paix.

Dans le ciel les nuages ont quitté leur poste pour laisser à nos yeux le soin d'admirer ce bleu inimitable. Le soleil nous frappe de toute sa majestueuse et puissante souveraineté. La végétation a presque disparu et s'est retrouvée balafrée sous la force accablante du sceptre du roi, à savoir les rayons du soleil. Seuls quelques cactus ou buissons ont su résister à la température. Je roule sur le goudrons qui s'efface légèrement sous le sable fin du désert, le vent file à travers mes cheveux et l'air en mouvement me rafraîchie par sa bienfaisance qui semble faire équilibre avec la chaleur ambiante. La route est droite devant moi, je fil sans vraiment avoir de but. Découvrir le monde semble largement suffisant à mes yeux.

Il y a de l'art dans tout ce qui nous entoure, dans les formes du paysage, il suffit de savoir regarder. Il y a ces montages rouges, formées il y a des millions d'années déjà. A travers les fleuves qui coulaient là anciennement d'immenses crevasses se sont formées, les rides de la terre. Cette terre aride qui ne semble pas vouloir de la présence de l'homme. La fuyons nous ? Oui. L'homme a peur de la puissance de la nature, des extrêmes de la nature. Ici les seuls hommes qui osent vivre isolé du reste du peuple sont vus comme fou par le reste du monde. Impossible de paraître "normal" dans cette contré et pourtant je m'y sens si bien, suis je anormale ? Oh que ces hommes éloignés nous font rêver. Les nomades dans le désert d'Afrique, sont bien souvent soit plein de leur misère, soit évité car incompris, mais finalement envié par leur liberté. Le fantasme de "l'homme de nos jours" serait, sans qu'il ne l'avoue, de lui ressembler.

Le temps passe pendant que je roule, le temps passe tout cour d'ailleurs. Sur cette route pendant que ces quelques rares voitures croisent ma route, j'écoute une musique qui raisonne au fond de mon coeur. Je repense à mon ancienne vie, la vie de chacun. Si j'ai versé une larme à cet instant ce n'étais pas de la tristesse de l'avoir quitté, mais une profonde plénitude qui me rendait heureux d'être là où je me trouvais. Il y a des choses que l'on ne peut expliquer et la musique est l'une d'entre elles. Je crois que l'on peut trouver dans la musique cette liberté qui nous amène à nous sentir si bien. J'ai peur parfois de ne plus pouvoir en entendre, d'en être privé. S'il y avais dans mon coeur une chose que je ne voudrais pas quitter, c'est le chant mélodieux que l'homme peut nous offrir dans sa souffrance créatrice. De la mélancolie naît la poésie, de la poésie naît la liberté de l'esprit.

Le soleil dans son doux voyage parmi les siècles semble vouloir me quitter pour éclairer de sa toute puissance, les rêves d'un enfant à l'autre bout du monde. Je décide de m'arrêter afin de pouvoir laisser la parole à cet enfant. Je ralentis pour me déporter sur le bas coté de la route. Je m'accote sur la portière fermée, le temps d'admirer l'astre éternel me donner ses derniers rayons. Le spectacle est indescriptible dans ce cadre, quelle magie produit cet effet, je n'en suis pas conscient. Quand les rayons deviennent vraiment faibles, seul dans le désert, je sors des couvertures pour me couvrir du froid de la nuit. Je m'allonge dans ma voiture, me recouvre, allume une bougie et commence à écrire ce texte.


Mon voyage n'a fait que commencé et à chaque mot que j'écris il continu. Mes yeux sont fatigués. Je n'ai plus assez de lumière pour vous écrire cette page de silence. Il me faut économiser cette bougie qui me servira pour d'autres soirs comme celui-ci j'espère, j'espère que vous avez compris.

Une page déchirée retrouvée dans l'immensité de la terre.

10 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

29 octobre 2005 00:29  
Anonymous Anonyme said...

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8 novembre 2005 20:13  
Blogger Tequito said...

La poesie des sentiments nous entoure suffit de savoir la lire :)

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